Lettre ouverte de Corentin Roulin aux membres de l’asbl

Ce 10 novembre, l’Assemblée générale de l’asbl Centre culturel de Braine-l’Alleud va prendre position sur une proposition de statuts « largement favorables à la Commune ». Le Conseiller communal Ecolo, Corentin Roulin, également administrateur de l’asbl, explique dans une lettre ouverte aux membres de l’asbl pourquoi il recommande de voter ces statuts. Il souligne que « la Commune va devoir dévoiler ses véritables intentions quant à l’avenir de son Centre culturel ».

Extraits

La longue crise institutionnelle du Centre culturel devrait toucher à sa fin. En tous cas, l’heure de vérité a sonné : l’Assemblée générale du jeudi 10 novembre 2022 sera invitée à voter un projet de nouveaux statuts sur lesquels le Conseil d’administration s’est mis d’accord. Sous la contrainte.

Car, ne l’oublions pas, depuis le début de la crise, en janvier 2021, les coups de butoir de la Commune n’ont pas manqué : faire partir la Directrice, faire exécuter un audit et en proposer une lecture résolument à charge puis déposer un dossier pour le moins léger devant la justice, laisser planer le doute sur le paiement du subside communal de 2021, ne le payer finalement que sous la pression d’une procédure en référé, développer un projet concurrent, nébuleux et coûteux, de « Maison de la Culture », boycotter les activités du Centre culturel dans ses canaux de communication, faire cesser les collaborations avec les partenaires communaux habituels, pratiquer la politique de la chaise vide au Conseil d’administration, tenter de noyauter l’Assemblée générale…

Dernier coup en juin 2022 : faire voter en Conseil communal la possibilité pour le Collège échevinal d’enclencher une procédure de résolution judiciaire du contrat-programme aux torts du Centre culturel. La grenade est désormais dégoupillée, elle peut être lancée à tout moment par la Commune.

« Sous la contrainte » donc : si l’on veut garder la Commune à bord, il faut accepter des statuts qui lui redonnent la main. Car un Centre culturel ne peut fonctionner correctement si on ne coopère pas en bonne intelligence avec la Commune.

La Commune avait depuis janvier 2022 présenté des statuts « à prendre ou à laisser ». Des négociations ont quand même eu lieu. Des négociations difficiles, pénibles même. Et après de longs mois, le résultat est mitigé : le mécanisme radical de « double-majorité » pour toutes les décisions, aussi bien de l’Assemblée générale que du Conseil d’administration, reste la règle, avec juste deux exceptions qui permettent d’atténuer un peu le risque de veto politique sur les membres et les administrateurs de la composante associative.

Les statuts proposés ne sont donc pas la panacée mais ils offrent à la Commune la possibilité de déployer sa politique. L’alternative étant, on l’a vu, la perspective d’un sabordage, le choix est vite fait : choisissons de donner à la Commune les clés qu’elle réclame et voyons ce qu’elle va en faire.

Il s’agira de vérifier si la Commune n’a pas forcé le vote de ces statuts-là uniquement pour tranquillement démanteler la structure et en remonter une autre, la Maison de la Culture. Procès d’intention ? J’admets que mes craintes sont fortes : tous les gestes demandés, toutes les garanties suggérées se sont heurtées à une fin de non-recevoir.

Quelles garanties ? Signer ou s’engager à signer l’avenant au contrat-programme mis sur la table par la Ministre pour le prolonger jusqu’en 2025. Payer ou s’engager à payer sa part de subsides pour 2023. Donner le signe attendu par la Fédération Wallonie-Bruxelles pour entamer le processus officiel de recrutement d’une nouvelle direction. Donner le signe attendu par le Conseil d’administration pour l’engagement d’un gestionnaire dit « de crise » pour retrouver de la sérénité dans la collaboration. Procéder à un certain renouvellement des personnes pour favoriser un redémarrage sur de nouvelles bases relationnelles. Décrire ses souhaits, ses ambitions, ses plans, ses projets pour la culture à Braine-l’Alleud et la manière dont elle va s’appuyer sur le Centre culturel.

Aucune de ces garanties, aucun de ces engagements ni même aucune vague promesse n’ont été concédés par la Commune. Donc il s’agit bien de voter ces statuts nouveaux, largement favorables à la Commune, sans garantie que, demain, la Commune ne va pas abandonner le Centre culturel.

Et pourtant, je recommande de les voter. Ne pas le faire, c’est la mort certaine du Centre culturel.

Et je recommande d’entamer dès lors un travail de vigilance et de soutien à un redéploiement progressif mais ambitieux du Centre culturel, qui reste le plus bel outil d’une politique culturelle en lien fort avec le tissu associatif local et au service de tous les Brainois.

Notre Centre culturel a fait le job depuis 50 ans, en traversant tous les aléas que comporte nécessairement un demi-siècle d’activités publiques. Je formule le vœu qu’il reparte, ce 10 novembre, pour 50 nouvelles et belles années.

Le texte complet en annexe

Le 3 novembre 2022
Corentin Roulin
Administrateur de l’asbl Centre culturel de Braine-l’Alleud
Conseiller communal ECOLO

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