Les potagers partagés

Des espaces aux richesses multiples
- Stéphane Klemm et Roland Massart, conseiller communal

Publié le jeudi 23 août 2012

On entend souvent dire que le potager revient à la mode. Cultiver son jardin, ses légumes ou participer à l’exploitation d’un potager partagé redevient "tendance".

S’agirait-il dès lors d’un phénomène de mode ? D’une certaine façon, il y a peut-être un peu de cela. Mais pas seulement !

De tout temps, le jardin potager a fait partie du quotidien de milliers de familles. Situé en général près des habitations, il se différencie de l’exploitation agricole par sa finalité. De taille modeste, il est destiné généralement à répondre aux besoins de la personne qui l’exploite et de sa famille. Tout au long de son histoire, le rôle premier du potager a été de permettre à tout un chacun de produire à moindre coût les fruits et légumes nécessaires à ses besoins alimentaires.

Mais tout cela a-t-il encore du sens de nos jours, pour nous qui évoluons dans une société où fruits, légumes et autres productions agricoles sont disponibles en quantité dans les rayons de nos supermarchés, à des prix écrasés et ce, tout au long de l’année ? Une société où les magasins, bio ou autres, sont là pour répondre aux attentes des plus exigeants d’entre nous ?

Vous l’aurez compris, la production pour permettre la subsistance n’est plus la seule raison d’être du potager dans nos régions : le potager, est avant tout là pour répondre à un besoin de “retour au naturel”, au besoin de se réapproprier son alimentation, au plaisir de pratiquer une activité en extérieur.

Et lorsque le potager devient un potager partagé (également appelé potager collectif), c’est avant tout un lieu de rencontre où chacun peut partager ses expériences, ses envies et sa passion pour le travail de la terre.

Nul besoin d’être un jardinier confirmé pour se lancer dans l’aventure, car c’est un lieu où l’on apprend au contact des autres et où l’on peut redécouvrir la nature au travers de variétés de fruits et légumes oubliés depuis longtemps par la grande distribution.

De nombreux projets de potagers partagés ont vu le jour ces dernières années dans notre région. Un des plus connus sur la commune de Braine-l’Alleud étant le jardin du docteur Arouète situé dans le parc du Cheneau et géré par le cercle horticole « jardin et loisirs brainois ».

Ce jardin potager et floral à vocation didactique, esthétique et sociale est situé sur une parcelle de 30 ares en lieu et place de l’ancien potager des châteaux Cheneau et Diesbeeck.

Inauguré en 2007 et porté par l’enthousiasme de ses membres et sympathisants, ce jardin potager n’a cessé de se développer et comprend aujourd’hui diverses installations telles qu’une aire de compostage, un chalet mais aussi une aire réservée aux enfants et jeunes à mobilité réduite. Il s’agit aussi d’un lieu à visiter, ouvert au public. Vous pourrez y admirer le travail des passionnés de jardin qui l’entretiennent, y échanger des idées et, qui sait, trouver l’envie de vous lancer vous aussi dans l’aventure.

Mais ce n’est pas le seul exemple et, surtout, il y a plusieurs façons de jardiner en commun. On peut cultiver ensemble un même terrain avec un projet collectif ou partager un espace en parcelles individuelles où chacun peut donner libre cours à son imagination et développer le projet de son choix. Cet ensemble de parcelles est alors le reflet d’une diversité de pratiques et de savoirs.

Ces espaces proposés à la culture par la commune moyennant un loyer dérisoire sont riches en biodiversité, en échanges humains et permettent à des habitants qui n’ont pas de jardin de reprendre contact avec la terre et de s’adonner à un loisir qui devient vite une passion.

En fait, il ne faut pas nécessairement de bonnes raisons pour tenter l’expérience du potager partagé, il suffit d’aimer la nature, son contact et surtout d’avoir une furieuse envie de partager tout cela avec d’autres.

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