La ZIT du paradis, un projet qui profite à la fois aux hommes et à la nature ?

Suite à un recours introduit par la société Vivaqua, le permis administratif accordé pour les travaux d’aménagement d’une zone d’immersion temporaire sur le site du Paradis a été annulé. Une nouvelle demande est aujourd’hui introduite. Elle sera suivie d’une enquête publique.
L’occasion d’informer les riverains sur l’évolution, et la fin prévue, de cet énorme chantier mais aussi de prendre sérieusement en compte la protection de l’environnement dans la phase ultérieure des travaux et de l’aménagement du site.

Publié le vendredi 14 mars 2014

Un projet qui ne date pas d’hier
L’idée de créer un plan d’eau sur le site du Paradis ne date pas d’hier. Il y a plus de trente ans un projet avait déjà été avancé pour construire un étang artificiel.
À l’époque, le groupe ECOlO, des associations comme l’ADESA ou le RNOB (aujourd’hui Natagora) et des guides nature avaient proposé des alternatives notamment pour protéger des zones intéressantes sur le plan ornithologique et végétal. Au début des années 2000, après de longues démarches administratives et de nombreuses modifications par rapport au plan initial, le « Parc du Paradis » et son plan d’eau récréatif étaient toujours à l’état de projet.

En 2011, les inondations dans l’ouest du Brabant wallon allaient donner un nouveau coup d’accélérateur au projet d’aménagement. Pour contribuer à mettre fin aux inondations provoquées par les crues du Hain, il était en effet proposé de prévoir une retenue d’eau de quelque 75.000 m3 qui formerait un lac de plusieurs hectares sur le site du Paradis. Le nouveau projet, baptisé ZIT (Zone d’Immersion Temporaire) comportait en plus de la retenue d’eau, un détournement partiel du Hain (pour alimenter le lac en dehors des périodes de crue) et l’aménagement d’un deuxième plan d’eau d’une trentaine d’ares (prévu notamment pour des activités de baignade).

Une zone d’immersion utile pour les riverains du Hain
Le projet d’aménagement du site du Paradis présenté au Conseil communal du 30.01.2012 semblait donc repartir sur les chapeaux de roue. À l’époque le groupe ECOLO avait marqué son accord sur le projet. Il était en effet important que des mesures soient prises pour soulager les habitants des communes du Brabant ouest régulièrement confrontés aux inondations du Hain. Le groupe ECOLO avait toutefois explicitement demandé de mieux prendre en compte les aspects liés à la protection de certaines zones, entre autres pour préserver la diversité de la faune et de la flore. (Voir à ce propos, notre position sur le projet de zone d’inondation au Paradis)

Nouveau coup d’arrêt

Les travaux ont débuté en 2012. Les pelleteuses et autres machines d’excavation n’ont malheureusement pas fait dans le détail. Et force est de constater que la protection des zones remarquables n’a pas vraiment été prise en compte, comme cela avait pourtant été dûment promis en séance du Conseil communal.
Des terres de surface ont bien été stockées pour les remettre plus tard sur les buttes qui seront créées. Ces terres, à l’origine dans des zones humides, seront donc asséchées. Il est peu probable que la végétation d’origine y reprenne racine.
Alors que tout semblait aller bon train, les travaux ont soudain été arrêtés à la suite d’un recours introduit par la société Vivaqua. La société a en effet fait prévaloir que la conduite d’eau qui passait à l’endroit même où se creusait le bassin de retenue d’eau était beaucoup trop fragile pour soutenir le poids des machines et des futures berges. Un bureau d’étude a été appelé pour proposer des solutions techniques qui permettraient l’achèvement des travaux. Sur la base des propositions émises par le bureau, un accord a été trouvé entre Vivaqua et la commune.
Un nouveau permis pouvait donc être demandé pour remplacer le premier permis annulé à la suite du recours introduit par Vivaqua. Ce nouveau permis, introduit , couvre les points suivants :

  • le déplacement du Hain et du Ruisseau du Talus ;
  • le déplacement des sentiers « Paradis » et « Moineaux » ;
  • la modification du relief du sol ;
  • la création de chemins, passerelles et pontons ;
  • la suppression d’une partie du chemin vicinal.
    A noter que la plupart des points sont d’ores et déjà réalisés.

Une enquête publique mais pas d’étude d’incidence
Une nouvelle enquête publique sera réalisée à l’occasion de l’introduction de cette nouvelle demande de permis. Une enquête publique, certes, mais toujours pas d’étude d’incidences.
La première partie des travaux a déjà détruit une grande partie des surfaces naturelles. Des zones qui sont pourtant essentielles pour préserver la faune et la flore sauvage. La nouvelle enquête publique est donc une opportunité de demander une véritable prise en compte de l’environnement dans la phase ultérieure des travaux et, surtout, de l’aménagement du site.
Depuis le début, le groupe ECOLO est favorable à un projet qui offre une solution aux problèmes de crue du Hain. Mais nous pensons aussi qu’un tel projet peut se faire dans le respect et la préservation de la faune et de la flore. C’est pourquoi nous demanderons une nouvelle fois avec insistance la prise en compte de la protection de la zone d’intérêt biologique située le long de la chaussée d’Ophain. Idéalement, l’accès à cette zone devrait être interdite ou tout au moins fortement réduite. Pour limiter l’accès, un système de passerelle ou caillebotis pourrait par exemple être envisagé. Comme signalé précédemment, nous pensons même qu’il serait opportun d’étendre la zone à préserver sur toute la longueur du plan d’eau (côté nord/ouest).

Informer les résidents, impliquer les citoyens et les associations
La nouvelle enquête publique est peut-être aussi l’occasion d’informer les riverains de l’évolution des travaux. Quelles sont les différentes phases prévues et que couvrent-elles ? A quelle date se terminera chaque phase ?
Jusqu’à présent, les riverains ont été très peu informés (voir à ce propos la rencontre organisée en juillet 2012 ) et beaucoup commencent à se demander si le chantier se terminera un jour. Les travaux liés à ce projet ne sont pas sans incidence sur la vie des quartiers qui entourent la zone du Paradis. Il serait donc légitime d’informer les personnes directement concernées.
Informer les résidents mais aussi impliquer les citoyens et les associations. Qu’il s’agisse de riverains, d’associations spécialisées dans la défense de l’environnement ou de spécialistes de la faune et de la flore locales, nous pensons qu’il est nécessaire d’associer les citoyens dans la réflexion sur l’aménagement de la ZIT et la préservation de cette zone.

Et plus généralement, pourquoi ne pas envisager la mise en place d’un PCDN ( en savoir plus sur le Plan Communal de Développement de la Nature) au sein de la commune. Le PCDN a un caractère participatif puisqu’il implique les responsables communaux mais également tout citoyen ou groupe de citoyens qui souhaite s’y investir : naturalistes, pêcheurs, chasseurs, agriculteurs ou tout simplement amoureux de la nature mais aussi comités de quartier, écoles, associations environnementales, mouvements de jeunesse, organismes touristiques et culturels...
Lorsque des projets comme celui de la Zone d’Immersion Temporaire sont envisagés au sein d’une commune, l’existence d’un PCDN permet d’envisager en amont tous les impacts tant pour les habitants que pour l’environnement, d’informer toutes les parties concernées et d’aboutir à des projets pensés pour le bien collectif. Si c’est trop tard pour la ZIT, pourquoi ne pas y songer pour de futurs projets ?

Braine-l’Alleud a la chance de disposer de belles zones vertes. Avec la création de la Zone d’Immersion Temporaire nous avons l’opportunité de développer un projet qui profite à la fois aux hommes et à la nature. Ce serait dommage de rater un tel rendez-vous.

Roland Massart, conseiller communal






Baudouin Van Overstraeten, conseiller communal