Etat des lieux du Hain dans le centre

[en cours de publication]

Publié le dimanche 24 septembre 2017

Au niveau de la Manufacture, chaussée de Tubize, l’état de la rivière se dégrade nettement : déchets en tous genres (caddies, éviers, pneus, bâches, cannettes, plastiques et autres), quelques tuyaux suspects et versages sur les berges.

Nous inspectons le Patiaux qui vient de Waterloo, du côté de la rue des Piles, et traverse un bois en zone de protection Vivaqua avant de plonger sous la Chaussée d’Alsemberg puis sous la Chaussée de Tubize et de se jeter dans le Hain au coin du Delhaize. Versages à la rue des Piles et débit assez important à l’embouchure.

Zoning artisanal

Au niveau du zoning artisanal, le Hain commence à sentir et ce n’est pas une coïncidence. De plus, il n’est nulle part mis en valeur dans cette section alors qu’il pourrait apporter une respiration naturelle bienvenue dans un endroit fort fréquenté, y compris par des piétons.

Si le Hain est gris et malodorant dans cette zone du bas de la chaussée d’Alsemberg, il y a plusieurs raisons : sans doute des versages sauvages, réguliers ou occasionnels, dont témoignent les déchets parfois insolites dans le cours de la rivière ; les déversoirs d’orage, nombreux dans les parties urbanisées, qui déversent le trop-plein des égouts directement dans la rivière en cas de forte pluie ; mais surtout, deux affluences directes d’eau grise.

La première au rond-point chaussée d’Alsemberg/rue du Jardinier : l’égout venant de la rue Scolasse y est directement mélangé avec l’eau pure du ruisseau La Vau, une situation tout à fait anormale que l’IBW chercherait à solutionner.

La seconde est l’apport de l’eau fort grise de la Légère Eau qui se jette dans le Hain un peu plus en amont, nous allons y revenir.

Entre le zoning artisanal et la Planche au Pêcheur, des tronçons de chemins existants le long des berges sont laissés sans entretien : d’une part derrière les magasins Action et Colruyt (avec une jonction vers la chaussée d’Alsemberg par la ruelle qui fait face à la rue du Doignon), d’autre part à la rue du Hain, au plus bas de la rue Planche au Pêcheur.

Entre ces tronçons, sur la même rive gauche, il a jadis existé un chemin de liaison, à peu près parallèle à la rivière, qui traversait une longue zone actuellement tout à fait préservée, quasi sauvage et privée à laquelle nous avons accès grâce à l’amabilité de son propriétaire. Le Hain y connait une respiration naturelle bienvenue mais qui ne suffit pas à l’assainir dans la mesure où c’est aussi là qu’il reçoit la Légère Eau.

La Légère Eau

La Légère Eau ne porte plus bien son nom : un débit anémique, un aspect peu engageant. Nous remontons son cours pour découvrir l’origine de ces tristes eaux.

Son dernier tronçon, avant de se jeter dans le Hain, est complètement bétonné rue de la Colonelle et pour son passage souterrain sous la chaussée d’Alsemberg. On devine l’ancien moulin dans le bâtiment voisin de la pompe à essence.

En amont, il est possible de suivre les berges de la rive droite du ruisseau lorsqu’il traverse le beau parc Baty Gigot. Forte présence de renouées, des saules têtards qui devraient être toilettés avant qu’ils ne se déchirent, victimes de leur taille excessive, une meilleure mise en valeur du cours d’eau est possible.

Le petit étang de l’Estrée, avec sa source (apport d’eau claire bienvenu) et ses aménagements, reste un havre paisible. Il se remet doucement du récent « massacre à la tronçonneuse » qu’a été la mise à blanc de la butte du chemin de fer et les manœuvres des lourds engins qui l’ont accompagnée…

De l’autre côté de son passage sous le chemin de fer, la Légère Eau traverse le grand Parc Bourdon. Ici comme au Parc Baty Gigot, on trouve les vestiges d’un ancien réseau d’égouttage. Le cours d’eau est la plupart du temps en berges naturelles. Beaux hêtres et platanes qui mériteraient peut-être un classement.

Plus en amont encore, après l’ancien dépôt communal, la Légère Eau devient de plus en plus anémique, jusqu’à un endroit, entre la rue Pergère et la rue du Ménil, où l’embouchure d’un ancien égout venant de Waterloo, qui ne devrait plus se déverser dans ce ruisseau, montre des traces d’écoulements récents. Au-delà, la Légère Eau est tout simplement à sec.

Le lit du ruisseau existe encore mais reste désespérément silencieux. C’est que la source originelle, près du Collège Cardinal Mercier, à la rue du Bouton d’Or, fait l’objet d’un captage. La convention avec Vivaqua ne semble pas prévoir qu’une partie de l’eau qui surgit du sol puisse quand même être injectée dans le ruisseau.

Cet apport d’eau serait pourtant fort appréciable pour préserver un minimum de vitalité et de pureté des eaux du ruisseau aujourd’hui trop faible et trop fragile pour résister à la moindre pollution.

De la même façon, l’ancien affluent de la Légère Eau, la Semaillère n’est plus qu’un lit vide, qui ne s’anime qu’en cas de fortes précipitations car il ne collecte plus que les écoulements d’eau de pluie, sa source étant également captée, de l’autre côté du ring. Dans ce cas aussi, ne pourrait-on réinjecter un minimum de vie dans la vallée ?

Séquence bucolique

Retour au Hain. En amont de la Planche au Pêcheur, il connait un parcours très intéressant du point de vue écologique : du viaduc de l’Estrée (pré-Ravel de la ligne 115) à l’hôpital Chirec, on y trouve une des rares zones où notre rivière est en berges naturelles sur ses deux rives.

Végétation sauvage, méandres jadis aménagés pour permettre des débordements naturels où croissent les roseaux, petit bois à l’arrière des habitations de la rue Wayez, magnifiques prairies humides de part et d’autre du quartier du Rossignol. Nous rêvons d’y aménager une promenade bucolique et de découverte de la nature plutôt … qu’un parking, comme le Chirec en a l’absurde projet.

Mais, aussi naturelle que paraisse la zone, elle comprend aussi son lot de déversoirs d’orage, dont certains sont à surveiller car ils peuvent rester ouverts et continuer à déverser des eaux d’égout dans la rivière après les périodes de forte pluie si leur fermeture est contrariée par des branchages par exemple. La vigilance s’impose et les déversoirs les plus sujets à dysfonctionnement vont être répertoriés.

En remontant le cours du Hain, après avoir parcouru cette longue séquence bucolique, nous longeons les berges dans la partie la plus urbaine. À l’une de ses extrémités, une belle grille ancienne située tout au bout de la rue de la Goëtte, au-delà de Nichols et Carimar, pourrait ouvrir la promenade bucolique évoquée plus haut.

En ville

En ville, le Hain a fait l’objet d’un renforcement systématique de ses berges au moyen de gabions, plus ou moins anciens selon les tronçons, et donc plus ou moins réinvestis par la végétation. En de nombreux endroits, le renouée est dominante et continuera de l’être s’il n’est pas procédé à plus d’une ou deux fauches par an, comme actuellement.

Si en principe plus aucun égouttage de particuliers ne devrait exister dans cette section, on constate néanmoins que l’eau n’est pas belle : on distingue nettement en de nombreux endroits des résidus de papier-toilette et de très nombreux résidus de tissus qui prennent l’aspect de loques grisâtres en fond de lit. Sans compter les déversoirs d’orage qui déversent même sans orage. Voilà le lot ingrat du Hain lorsque nous le remontons jusqu’à la rue au Gué et puis jusqu’au Paradis.

Le Paradis

Le petit étang pour les pêcheurs, à l’ancienne piscine, n’est pas très engageant mais on peut espérer que la revalorisation de ce site, à l’occasion de la création d’un établissement Horeca dans l’ancien bâtiment de la piscine, sera l’occasion non seulement de ré-embellir les lieux mais aussi de purifier et d’oxygéner les eaux.

Nous ne nous attardons pas ici sur la situation au Paradis. Comme il commence à être très fréquenté, nous sommes plutôt intéressés à connaître l’avis des Brainois qui en font un lieu privilégié de promenade : que pensez-vous de l’état des eaux et de la mise en valeur du plan d’eau et des méandres du Hain qui le longent ? Qu’est-ce qui pourrait y être amélioré ?