Le bilan brainois

Etat des lieux de la politique énergétique de Braine-l’Alleud
- Baudouin Van Overstraeten, conseiller communal

Comme annoncé dans sa déclaration de politique générale de janvier 2007, la majorité brainoise a commandé une mission d’accompagnement à la gestion énergétique communale, en vue de dégager les investissements les plus rentables en termes d’économie d’énergie, notamment dans les bâtiments communaux.

Cette mission, réalisée par le consultant Ally&be avait pour objectifs :

  • d’intégrer Braine-l’Alleud dans un réseau de communes modèles européennes en matière énergétique,
  • d’encourager la population à réaliser elle-même ses propres économies d’énergie,
  • de tracer les pistes permettant des progrès énergétiques dans les bâtiments communaux,
  • de réduire la consommation de combustible des véhicules communaux.

En cours de route, le consultant Ally&be a convaincu les services communaux de se porter candidat pour devenir commune pilote en matière d’énergie solaire photovoltaïque.

Ceci n’est pas un audit énergétique

Dans son rapport du 2 février 2007, Ally&be a dressé la liste des 15 bâtiments communaux dont les consommations paraissaient les plus problématiques et a formulé des propositions d’investissement en suivant l’ordre de leur rentabilité, tout en tenant compte de l’existence de subsides régionaux.

Le tableau récapitulatif estimait pour chaque poste le budget nécessaire ainsi que la part subsidiable et le temps de retour sur investissements.

Le consultant n’a eu de cesse de préciser que son travail ne constituait nullement un audit mais servirait tout au plus de base à une analyse ultérieure de faisabilité, voire à des études de réalisation pratique.

Des actions ponctuelles durant la législature 2007-2012

Entre 2007 et 2012, des actions ponctuelles ont été entreprises :

  • La plupart des chaudières ont été remplacées par des chaudières à condensation, au rythme des renouvellements indispensables, par exemple à l’hôtel de ville, aux écoles d’Ophain et Lillois ou au Château Cheneau.
  • L’étude des économies d’éclairage des grandes salles du Stade Gaston Reiff est en cours.
  • Le remplacement de la bulle de tennis gonflable par une structure rigide attend le subside régional. Le permis d’urbanisme expire en septembre prochain ! On économisera ainsi la consommation du ventilateur. Un chauffage par radian est toutefois envisagé.
  • Une citerne d’eau de pluie pour les vestiaires du stade.
  • Une nouvelle chaudière à eau chaude chez les pompiers.
  • Ecole de Lillois : recherche des fuites d’eau anormales et isolation de la moitié de la toiture.
  • Isolation de la toiture des Oisillons.
  • Intégration des nouvelles recommandations énergétiques dans le cadre de la rénovation du bâtiment de l’Ecole des arts.
  • La commune a obtenu un subside régional de plus de 100.000 € permettant l’installation de 60 m² de panneaux solaires photovoltaïques au stade Gaston Reiff.
  • Le bâtiment de la ferme est chauffé grâce au bois récupéré par les services techniques.
  • Le CPAS a engagé un tuteur énergie, chargé d’assister les ménages dans la recherche de solutions d’économies d’énergie.
  • Achat d’un véhicule hybride.
  • La Maison des sports a lancé une action de sensibilisation des usagers du stade pour une occupation plus durable de ses installations.

Mais ces actions ponctuelles semblent bien légères au regard de ce qui aurait pu être réalisé.

Pas d’audit, d’étude ou de suivi des recommandations du rapport de Ally&be

Dans la foulée de la déclaration de politique générale du 7 janvier 2007, c’est un vent d’espoir qui a soufflé sur notre commune avec le premier rapport du consultant brainois Ally&be. Mais ce ne fut malheureusement qu’un feu de paille : l’ « audit » n’a jamais dépassé le stade d’une pré analyse, et le programme ambitieux qui visait à faire entrer Braine-l’Alleud dans le club des communes modèles européennes en matière énergétique n’a jamais vu le jour.

Au contraire :

  • La première mission confiée à Ally&be n’a été suivie d’aucune étude de faisabilité.
  • La Commune n’a pas engagé de conseiller en énergie.
  • Les recommandations du consultant prescrivant un contrôle annuel de régulation des 16 chaufferies communales ne sont pas mises en œuvre. Idem pour la suggestion de leur pilotage à distance.
  • Pas d’audit énergétique pour le stade, qui offre le plus grand potentiel d’innovation, ni de placement de compteurs d’énergie électrique dédicacés pour la bulle et les terrains de sport, ni d’étude de préfaisabilité d’une cogénération.
  • Pas d’expertise de fonctionnement de la ventilation de la salle de gym de l’école de Lillois.
  • Pas d’étude de préfaisabilité pour sortir des coûts gigantesques de consommation de chauffage électrique dans les containers de l’école d’Ophain.

Pas de planification des investissements ou de mesures envisagées sur le long terme

A de nombreuses reprises, les conseillers communaux ECOLO ont été invités à voter des engagements financiers pour le remplacement, en urgence, de l’une ou l’autre installation de chauffage d’un bâtiment communal. Ils ont systématiquement interpelé le Collège communal quant à l’existence d’une quelconque planification de tels investissements. En vain. Et l’échevin des travaux publics devait reconnaître que les remplacements se faisaient au gré des nécessités, sans la moindre gestion proactive.

Ne parlons même pas du placement de panneaux photovoltaïques sur le stade Gaston Reiff. Le consultant préconisait un investissement pour 1000 m² de panneaux, subsidié à 80 % par la Région wallonne, permettant à la commune de produire une électricité verte qui aurait généré, après 8 ans, un bénéfice de 38.000 €/an. Au lieu de quoi le Collège s’est contenté d’une surface de 60 m² !

Par ailleurs, le refus de la majorité d’engager un conseiller en énergie, alors que la Région wallonne subsidiait ce poste à raison de 20.000 €/an, n’est pas sans conséquences. C’est en effet ce fonctionnaire qui devrait être chargé de suivre l’évolution des consommations énergétiques des différents bâtiments et des véhicules de la commune. En son absence, ce travail n’a plus été fait depuis le dépôt du rapport Ally&be, en février 2007.

Cela signifie que notre commune ne dispose pas de données plus récentes que la base de travail fournie à son consultant, à savoir les consommations des 15 bâtiments communaux les plus énergivores pour l’année 2005 ! Alors même que le bourgmestre annonçait comme objectif pour l’année 2007 une réduction de 10 % de la facture énergétique communale, qui avoisinerait 1,25 million d’euros, personne n’est en mesure, 5 ans après, d’évaluer l’efficacité des travaux entrepris.

Pas de programme d’information d’envergure

La mission d’accompagnement d’Ally&be comportait également un programme d’information du public. Il avait notamment été question d’une série d’articles sur ce thème dans l’Echo du Hain. La série d’articles a été remplacée par quelques conseils en matière énergétique dans l’Echo du Hain du mois de février 2012.

Quant au site Internet, il se borne aujourd’hui à rappeler l’existence d’une prime communale complémentaire à l’installation d’un chauffe-eau solaire, instaurée en 2004…

Qui plus est, le Collège, qui a laissé fermer le siège brainois du guichet (régional) de l’énergie, n’a rien mis en place pour maintenir un haut niveau d’information de sa population…

Le bilan de la majorité MR-PS en matière énergétique est pour le moins mitigé. L’indispensable a été fait, certes, et certains subsides régionaux ont été captés.

Mais le potentiel d’économies dans les bâtiments communaux n’a été qu’effleuré, les vrais défis (stade Gaston Reiff, école d’Ophain, alternatives à la climatisation, …) attendront sans doute l’avènement d’une nouvelle majorité.