Un avant-projet de voirie reliant la N5 (Waterloo – Genappe) et la N27 (Braine-l’Alleud – Nivelles) est actuellement à l’étude par le Service Public de Wallonie (SPW Mobilité infrastructure du Brabant Wallon).

A cheval sur les territoires de Braine-l’Alleud et Lasne, il vise à contourner la Butte du Lion par le Sud.

Une réunion d’information préalable à l’étude d’incidence environnementale s’est tenue le 15 juin dernier.  Elle vise à permettre aux citoyens de communiquer au demandeur leurs remarques et/ou suggestions. Ces éléments seront pris en compte dans l’étude d’incidences sur l’environnement.

Cette étude doit analyser les incidences précitées et émettre des recommandations pour les limiter, ainsi que proposer des alternatives. Le demandeur pourra s’y conformer ou expliquer pourquoi il ne suit pas les recommandations.

A priori une bonne idée

Le projet concerne donc l’ouverture d’une nouvelle voirie remplaçant celle qui traversait jadis le site du Lion.  A priori, ce projet parait avoir du sens, pour permettre aux personnes venant de Lasne, Genappe et Plancenoit d’accéder aisément au centre de Braine-l’Alleud ; et à terme à la nouvelle gare RER de l’Alliance. Cette route aurait vraisemblablement également pour effet positif de soulager le trafic dans Lillois.

Une voirie trois bandes est-elle opportune pour remplacer la Route du Lion ?

Si un aménagement doit se réaliser, nous estimons en tant qu’écologistes qu’il ne peut pas constituer un appel à l’augmentation du trafic automobile.  De plus, il doit s’intégrer dans la plaine agricole, ainsi que dans le paysage du champ de bataille, ce qui semble malheureusement loin d’être le cas.

En réalité, une fausse bonne idée

En effet, le projet actuel prévoit une nouvelle route à 3 bandes, permettant le dépassement sur un tronçon de 2,3 km.  Il s’agit donc d’une nouvelle voie rapide qui ouvrira la porte aux nuisances sonores et visuelles ainsi qu’aux risques d’accidents. De plus, elle constituera une invitation à effectuer de nouveaux déplacements, avec pour effet l’augmentation du charroi automobile, et à terme de nouvelles congestions à d’autres endroits.

Et comment imaginer un tel désastre sur le plan paysager à proximité immédiate du site historique du Lion ?

Sur le plan environnemental, la menace pour la biodiversité (faune et flore) dans les plaines concernées est bien réelle, car dans l’état actuel du projet, ce nouveau tracé engendre le bétonnage au milieu des champs, à l’encontre des politiques environnementales en matière de réchauffement climatique qui tendent à favoriser l’infiltration naturelle de l’eau dans le sol et à réduire l’érosion des sols, notamment par la réduction du bétonnage et la re-végétalisation de la nature.

Que dire aussi de la perspective d’expropriation de 5 hectares de terres agricoles ?

Une alternative possible ?

Il existe déjà une route qui relie les deux routes nationales au sud de la Butte du Lion : le Chemin de la maison du Roi.  Cette route, actuellement en très mauvais état, pourrait tout simplement être réfectionnée et élargie à 2 bandes pour permettre le croisement des véhicules.  Il faudrait en outre bien entendu la doter directement d’une piste cyclable.  Utiliser un tracé existant aurait en effet beaucoup plus de sens, tant du point de vue paysager (maintien relatif du paysage existant) qu’environnemental (respect de la nature et de l’affectation agricole du sol).

L’ampleur des travaux serait moindre également.  A la réunion d’information il a été dit que le budget du projet se situerait entre 12.000.000 et 15.000.000 €. Ce budget risque d’être largement sous-estimé.

Utiliser le tracé existant présenterait bien entendu aussi l’avantage majeur de ne pas devoir exproprier 5 hectares de terrain agricole.

Des éléments contextuels à prendre en compte

Plus fondamentalement, entre le moment où ce projet a été conçu et le temps présent, on peut s’interroger raisonnablement sur plusieurs aspects susceptibles d’avoir un impact sur la prise de décision.

Sur le plan des moyens, les finances publiques sont déjà largement déficitaires et la Région Wallonne va au-devant de graves problèmes financiers liés notamment à la diminution puis à la cessation des transferts du Nord du pays vers le Sud.

Construire de nouvelles infrastructures parait assez indéfendable dans ce contexte, d’autant que la Région Wallonne éprouve déjà bien des difficultés à entretenir le réseau routier existant.

Quant aux terres agricoles, elles ont aujourd’hui encore plus d’importance dans ce contexte de guerre, où le blé est apparu comme un bien stratégique. Toute diminution de terrain agricole rendra la menace de pénurie et de hausse de prix encore plus aigüe.

Par ailleurs, il importe que le projet soit réfléchi à la lumière des évolutions de la transformation des besoins en matière de mobilité ; on peut raisonnablement escompter qu’à la fois le télétravail et le prix des énergies freineront les déplacements à brève échéance.

En synthèse

En conclusion, il apparait donc que le projet actuel comporte plus de désavantages que d’atouts.  Pour être viable tant du point de vue environnemental que du point de vue économique, il doit être complètement reconsidéré tant au niveau du tracé que du gabarit.

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