Le succès d’une fête populaire était réjouissant, les animations étaient de qualité, même si les foodtrucks étaient un peu débordés, mais le feu d’artifice final était démesuré et n’avait de « silencieux » que le nom. Une fois de plus, la nature a été inutilement agressée.

Ce vendredi 29 juin, on a assisté à un beau moment de rassemblement de très nombreux habitants pour célébrer une réalisation qui répond aux vœux des Brainois : le site du Paradis offre une belle possibilité de respiration, de détente, de promenade et de contact avec la nature.

C’était donc la grande foule vendredi, avec des animations familiales de qualité proposées notamment par le Centre culturel et la MJ Le Prisme. Plus de foodtrucks auraient permis d’avoir des files moins longues, c’était la rançon d’un franc succès réjouissant à voir.

Un site naturel

Nous, écologistes, avons toujours bataillé pour faire droit à la dimension naturelle du site : une partie des berges, du côté Ouest, n’est pas accessible et le chemin de ronde fait une large boucle pour protéger une zone où les oiseaux aquatiques, notamment, devraient pouvoir vivre en paix.

Nous avons déjà dénoncé le manque de rigueur de la gestion au quotidien qui se traduit par une diminution sensible du nombre et de la variété des espèces nicheuses observées : pas de protection stricte en période de nidification, débroussaillages intempestifs, plantations ratées, pas de réunion du Comité d’accompagnement.

Démesure et agression

Le final imaginé pour la fête d’inauguration a gâché notre plaisir et mis en évidence un malentendu fondamental à propos de ce que respect de la nature veut dire. Annoncer un feu d’artifice « silencieux » pouvait susciter une certaine curiosité, elle fut amèrement déçue.

Le spectacle pyrotechnique, avec ses canons au pétrole genre lance-flammes, ses fusées rasantes tirées depuis la rive Ouest, justement, et son niveau sonore élevé était comme un coup de poing dans un site naturel. On a vu canards, oies et cormorans s’enfuir à tire-d’aile, on ne les reverra pas de sitôt.

L’homme et la nature

C’était aussi donner le mauvais exemple : comment le pouvoir communal espère-t-il faire respecter un règlement de police pour empêcher les visiteurs « de déranger, de prendre ou de blesser des animaux ainsi que de détruire leur habitat, et en particulier les nids d’oiseaux » (article 6) après une telle démonstration ?

L’homme doit le respect à la nature. Chaque jour, dans chaque lieu, avec constance et bienveillance. Sinon, et c’est ce qui se passe, elle s’étiole, s’appauvrit et finira par ne plus donner à l’homme ce dont il a un besoin vital : se nourrir et se ressourcer.

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