Lors de la seconde consultation citoyenne sur le centre-ville organisée par ECOLO Braine-l’Alleud fin avril, une évidence est apparue : multiplier les liaisons en modes doux et étendre le piétonnier, c’est allier sécurité, convivialité et prospérité.

Une consultation citoyenne permet que plusieurs points de vue soient exprimés. Des points de vue qui peuvent être contrastés, voire opposés. Si l’exercice est correctement mené, on peut dépasser la seule liberté d’expression pour atteindre un niveau de participation plus qualitatif : la cocréation.

Méthode participative

Lors de la seconde séance de consultation citoyenne sur le centre-ville du dimanche 29 avril, notre ambition était de rebondir sur les recommandations du bureau d’études, auteur de la « charrette urbanistique » sur le centre-ville commanditée par la Commune, pour faire émerger un point de vue citoyen constructif.

Pour cela, nous avons invité les participants à répondre à des questions précises dans un cadre de discussion à la fois dynamique et respectueux de chacun : des tables de discussion entre lesquelles les participants tournaient toutes les 20 minutes selon le principe du « world café ».

L’exercice a porté principalement sur trois lieux : le projet de nouvelle avenue Saint Jacques, les places du Môle et Baudouin 1er, et enfin la place de la Cure en liaison avec le parvis de l’église Saint Etienne.

Trois thématiques plus transversales complétaient le programme : les circulations automobile et modes doux, la place de la nature et la place de la culture dans le centre-ville brainois.

Résultat de l’exercice : des solutions à la mesure des habitants pour un centre-ville qui respire.

Chemin de Saint Jacques

Pourquoi créer une nouvelle avenue Saint-Jacques qui prolongerait la voirie actuelle, en cul-de-sac, vers l’avenue Belle Province en passant le long de l’école Saint Jacques et du cimetière et en mordant sur les fonds de parcelle du haut de l’avenue Léon Jourez ?

Trois raisons sont invoquées pour ce projet de la commune : désenclaver l’école, faciliter le dépôt et la reprise des élèves de l’école par leurs parents et créer une nouvelle boucle de circulation pour « irriguer » le centre.

Ces trois objectifs peuvent être rencontrés en créant une voirie exclusivement « modes doux » : nous proposons la création d’un « chemin de Saint Jacques » réservé aux piétons et aux cyclistes (circulant sur des pistes séparées) avec un aménagement très « vert » c’est-à-dire qui fait la part belle à des éléments naturels végétaux plutôt que minéraux et à la convivialité par des cheminements agrémentés de mobiliers urbains accueillants comme des bancs publics.

Le désenclavement de l’école serait réalisé par un réaménagement de la voie d’entrée actuelle en pavés et d’un aménagement de la nouvelle voirie projetée de manière à permette un accès exceptionnel aux véhicules de sécurité ou de chantier.

Pour les élèves, des accès nouveaux, agréables et sécurisés seraient créés sous la forme de trois « dépose-minutes » :

  • au début ou éventuellement au bout de l’avenue Saint Jacques actuelle en cul-de-sac,
    dans le second cas, une boucle de circulation automobile serait aménagée dans le fonds de la parcelle du n°37 de l’avenue Léon Jourez pour permettre le dépôt tout près de l’entrée principale de l’école et un retour par la même avenue Saint Jacques actuelle dès lors mise à double sens mais en zone 30 ;
  • dans le haut de l’avenue Belle Province, au débouché de la nouvelle voirie « mode doux »,
    les quelques places de parking qui existent là au coin du cimetière seraient transformées en un espace sécurisé pour le dépôt des enfants qui n’auraient plus que quelques dizaines de mètres à parcourir à pied pour rejoindre leur école ;
  • au parking du cimetière, rue Pierre Flamand, où quelques places de parking pourraient également être consacrées à un « dépose-minute » digne de ce nom.

Quant à « l’irrigation » du centre-ville par une voie de circulation automobile supplémentaire, les habitants n’en veulent pas : ils pensent qu’il est plus utile et nécessaire de multiplier les possibilités de circulation piétonne et cycliste et de préférence séparément de la circulation automobile.

Le nouveau « chemin de Saint Jacques » dont nous proposons la création constituerait non seulement une zone-tampon verte et sécurisée autour de l’école mais aussi un maillon dans les parcours piétons et cyclistes à créer pour donner une nouvelle vitalité au centre de Braine-l’Alleud.

Le 37 avenue Jourez

Dans le rapport de la « charrette urbanistique », la commune a fait étudier la démolition de la villa du n°37 de l’avenue Jourez qui abrite actuellement une crèche et a rempli dans le passé plusieurs autres fonctions d’animation publique, notamment en tant que bibliothèque.

Le bureau d’étude a analysé de manière détaillée les contraintes et opportunités liées à la création sur cette profonde parcelle d’une nouvelle voirie formant une boucle avec l’avenue Saint Jacques dans sa configuration actuelle ou future.

Les habitants sont attachés à ce bâtiment et ne veulent pas le voir démoli car il a une valeur sentimentale pour les souvenirs qui y sont attachés et une valeur architecturale par sa singularité dans l’alignement et le style de l’avenue. Il a aussi un potentiel précieux de présence communale et donc d’animation publique au cœur de la ville.

Quant à la voirie projetée par la commune, elle est jugée inutile et complexe à connecter sur l’avenue Jourez. En revanche, le maintien de la villa n’empêche pas une connexion « mode doux » supplémentaire avec le chemin de Saint Jacques proposé.

Places centrales

Faut-il rétablir une circulation Place du Môle ? Le rapport de la « charrette urbanistique » le propose, dans le seul sens Jourez-Goëtte et en mode partagé entre voitures et piétons, pour créer ici aussi une boucle de circulation supplémentaire et plus courte pour remonter vers la gare.

Les habitants répondent « non » au retour des voitures place du Môle : ce serait un pas en arrière en termes de convivialité.

Nous proposons au contraire, avec les habitants qui ont participé à notre consultation, d’étendre les zones piétonnières actuelles à la place Baudouin 1er, au parvis de l’église Saint Etienne et au parking de la Cure, en suivant cette fois plusieurs recommandations formulées par le bureau d’étude.

Mais il faut créer un nombre suffisant de places de parking en sous-sol du nouveau bâtiment privé en projet sur le site du Lycée et en sous-sol de l’actuel parking communal de la Cure transformé en troisième place centrale.

Un piétonnier étendu et bien aménagé, de manière intelligente et conviviale (voir notre proposition de halles issue de notre première consultation citoyenne) est dans l’air du temps : c’est ce genre de projet qu’il faut aujourd’hui pour sauver les centres-villes anémiques, en y ramenant différentes catégories de la population et donc les clients pour faire (re)vivre les commerces.

Prospérité et convivialité ? Osons le piétonnier !

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