Non à un nouveau zoning sur le Hain. Nous avons toujours pris position contre le projet d’extension de zoning à la rue du Four. Lors du Conseil communal de lundi 28 mai, la majorité a annoncé qu’elle demandait à in BW de revoir sa proposition et de recommencer la procédure. Pour gagner du temps ? Transformer cette partie de la vallée du Hain en « zone d’activités économiques » est un non-sens pour plusieurs raisons. L’une d’elles : ce projet reste un nouveau bétonnage de terres naturelles. Zones humides, faune et flore spécifiques, sources affleurantes… la suppression ou la pollution des espaces naturels détruit la biodiversité, augmente les risques d’inondation et nuit à notre santé.

On peut le qualifier de « durable », « bas carbone », ou tout ce que l’on voudra, le futur zoning envisagé par l’intercommunale in BW et la majorité MR-PS, implique nécessairement la destruction d’espaces naturels. Pourtant, la protection de ces espaces n’est pas juste un caprice d’écolo en mal de papillons et de jolies fleurs. La protection de ces espaces est aussi une condition indispensable si nous voulons préserver notre qualité de vie.

Les prairies humides pour contrer les inondations

Alors que les problèmes d’inondation refaisaient récemment encore la une de l’actualité dans notre commune, envisager de bétonner une zone humide est un non-sens absolu. Les zones humides jouent en effet naturellement un rôle régulateur. En freinant et en absorbant l’eau, elles agissent comme des éponges géantes limitant ainsi les risques d’inondation. La végétation spécifique qui y pousse joue également un rôle en diminuant la vitesse d’écoulement de l’eau.

En plus de morceler les terres agricoles, la création projetée d’un zoning et d’une nouvelle voirie va artificialiser toute une zone actuellement occupée par des prairies humides. En plus de coûter cher, cette artificialisation imperméabilise les sols, empêchant ainsi une bonne absorption des eaux de ruissellement.

Il est intéressant de constater que, dans la présentation de son projet, l’intercommunale in BW met fortement en avant le principe de « gestion naturelle et écologique des eaux de pluie » en préconisant entre autres des citernes d’eau de pluie, des toitures végétales, la réduction des surfaces imperméables ainsi que la création de noues et de parkings paysagers avec revêtement perméable.  On peut utiliser tous les mots que l’on veut pour parer le projet de vertus durables et écologiques, il n’en reste pas moins que, dans les faits, on parle ici de construire un zoning et une nouvelle voirie dans la campagne. Et l’on voit mal comment ces quelques mesures permettront de contrebalancer la suppression de 25 hectares de zones naturelles ou agricoles.

Protéger les rivières et les captages d’eau

Selon le projet, les eaux de ruissellement passeraient dans des noues prévues à cet effet avant d’être rejetées dans le Fourçon et le Hain.  Sorte de fossés plus ou moins profonds et végétalisés, les noues permettent d’épurer les eaux par filtrage. Ce processus, très efficace et plus respectueux de l’environnement que les systèmes d’égouts, nécessite  toutefois un temps minimum de filtrage.

Deux remarques à ce propos.  Le nouveau zoning et la voirie prévus se trouveraient tout proches du Fourçon et du Hain. Il n’est donc pas impossible que les eaux de ruissellement se retrouvent rapidement dans les eaux de la source et de la rivière, sans être passées suffisamment longtemps dans les noues pour être correctement filtrées. Alors que depuis des années, nous intervenons auprès des autorités communales pour protéger les ruisseaux et rivières de Braine-l’Alleud , le risque accru d’une nouvelle source de pollution n’est vraiment pas une bonne nouvelle.

D’autre part, dans ce zoning, il y aura forcément des véhicules. Ce qui signifie que des résidus polluants (huile de moteur, liquide de frein ou hydrocarbure, par exemple) risquent bel et bien de se retrouver dans le sol et les eaux souterraines. Braine-l’Alleud et sa voisine Waterloo comptent un grand nombre de captages d’eau destinée à la consommation. La présence d’eau chargée de résidus polluants dans les nappes phréatiques est tout simplement dangereuse pour notre santé.

Une faune et une flore sources de biodiversité

La zone envisagée pour construire un nouveau zoning est en partie occupée par une faune et une flore spécifiques. Les rangées de saules et les chouettes qui s’y abritent, les formations herbacées (magnocariçaies) et les prairies inondables qui accueillent de nombreux oiseaux migrateurs sont autant d’atouts pour garantir la biodiversité de notre campagne. Avec le projet de zoning et de nouvelle voirie, ils seront tout bonnement détruits ou réduits à une portion congrue. Dommage pour l’écosystème.

De plus, en supprimant un couloir vert et en le bétonnant, on détruit aussi le paysage. Dommage pour les habitants et les promeneurs.

En 2012, les représentants de la Liste du bourgmestre écrivaient pourtant : « En matière de conservation de la Nature l’essentiel est de ne pas URBANISER les zones  vertes et agricoles. Nous nous opposerons donc à toute transformation de ces zones en  zones à bâtir résidentielles  comme repris dans notre schéma de structure communal. Braine-l’Alleud est une commune « verte » et doit le rester ! » (source : http://brabantwallon.natagora.be/fileadmin/Regionales/Brabant_Wallon/Fichiers/Elections2012/Braine-lAlleud_Reponses_Questionnaire_Biodiversite.pdf).

Certes, une zone d’activité économique mixte, ce n’est pas une « zone à bâtir résidentielle ». Certes, le zoning envisagé dans la zone d’activité économique et la voirie à travers la campagne ne reviennent pas à strictement parler à « URBANISER les zones vertes et agricoles ». Il n’y a en effet pas de logements prévus ici. En tout cas, pas à ce stade. On peut jouer sur les mots à l’infini. Mais en fin de compte, le résultat est le même : ce projet signifie bel et bien la destruction de zones vertes et agricoles. Pas d’urbanisation, certes. Pire peut-être, la destruction de la campagne au profit d’un zoning qui restera peut-être à moitié vide.

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