Non à un nouveau zoning sur le Hain. Nous avons toujours pris position contre le projet d’extension de zoning à la rue du Four. La commune et in BW reviennent à la charge avec une demande de modification du plan de secteur pour transformer un magnifique bout de la vallée du Hain en « zone d’activités économiques ». Un non-sens pour plusieurs raisons. L’une d’elles : il reste de la place ailleurs. Parc de l’Alliance, Zoning industriel, Zoning artisanal… des dizaines d’hectares susceptibles d’accueillir des entreprises sont actuellement vides.  

Le Zoning industriel de la Vallée du Hain et le Zoning artisanal de la Graignette sont remplis d’espaces… vides. Lorsque l’intercommunale in BW dit que ces deux zonings sont saturés et qu’il n’y a plus d’espace disponible, elle ne veut pas dire qu’il n’y a plus d’espace pour accueillir les entreprises mais bien qu’elle ne possède plus de parcelles à vendre (voir point 2.4 des slides de présentation du projet de zoning, réalisés et mis à disposition par in BW).

Puisque des espaces existent, quel est l’intérêt de créer un nouveau zoning et, ce faisant, de bétonner des espaces naturels ? Avant de créer des espaces supplémentaires qui risquent également de rester partiellement vides, ne faudrait-il pas d’abord se demander pourquoi des dizaines d’hectares sont inoccupés aujourd’hui dans les zonings existants ?

Revaloriser les friches industrielles

Les parcs d’activités économiques brainois ne sont d’ailleurs pas les seuls espaces où des hectares entiers de zones déjà construites sont vides ou à l’abandon. La Wallonie compte en effet des milliers d’hectares de friches industrielles ou de sites à réaménager (SAR). Voir l’inventaire sur le portail wallon : http://lampspw.wallonie.be/dgo4/site_sar/

Dès 2013, le SDER (Schéma de développement de l’espace régional) stipule clairement qu’il est nécessaire de « réaffecter les friches et prévenir leur apparition […], rendre à nouveau disponibles des terrains immobilisés et éviter d’urbaniser des espaces vierges […], reconditionner des parcs d’activités existants […] ».

Si l’objectif est de créer des bassins d’emplois, la revalorisation des anciens sites à l’abandon pourrait être une option à envisager avant de détruire une nouvelle zone verte. Le Brabant wallon n’en manque pas. Ces revalorisations, dans bien des cas, seraient d’ailleurs moins coûteuses que de nouvelles constructions. Même s’il faut dépolluer les sols. Travaux de dépollution qui, soit dit en passant, sont également subventionnés par les fonds FEDER.

Reconditionner les parcs existants

Une autre piste à envisager, avant de procéder à un nouveau bétonnage des terres, consisterait à reconditionner les parcs existants. En d’autres termes, au lieu d’accueillir une seule entreprise sur un seul hectare de zoning, comme c’est par exemple le cas dans le Zoning de la Vallée du Hain, on reconditionne les parcelles pour augmenter le nombre d’entreprises accueillies à l’hectare. L’intercommunale in BW concède d’ailleurs que ce « revamping », autre terme utilisé pour le reconditionnement, serait à l’ordre du jour. Si c’est le cas, pourquoi mettre la charrue avant les bœufs ? Si ce reconditionnement permet d’accueillir de nouvelles entreprises, il est inutile de construire un nouveau zoning avant même que les zonings existants ne soient tout à fait remplis.

Bien sûr, cette option est une solution à long terme et, bien sûr, elle nécessite de racheter des parcelles que l’intercommunale ne possède plus. Mais la construction d’un zoning aussi demande du temps et des achats de terrains. Et puis surtout, la préservation de notre environnement tout en maintenant l’activité économique ne vaut-elle pas la peine d’y réfléchir sérieusement ?

Un monde qui change

L’autre raison pour laquelle il est vraiment nécessaire de se demander si la construction d’un nouveau zoning est bien nécessaire, c’est tout simplement que les modes et habitudes de travail ne cessent de changer depuis quelques années. La dématérialisation et le changement de nature des emplois eux-mêmes rendent les grands espaces bien souvent inutiles. Ce n’est pas qu’il n’en faut plus mais tout simplement qu’il en faut moins. Dans ces conditions, continuer à construire des espaces qui furent jadis nécessaires mais qui aujourd’hui ont beaucoup moins de sens, ça ressemble davantage à du gâchis. Tant sur le plan économique que sur le plan écologique.

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