Exemples ECOLO

Oui, la commune peut agir ; l’exemple de communes où ECOLO est en majorité le prouve
- Maryse Stengele, conseillère communale

Que peut la commune quand les dépenses d’énergie entament progressivement tous les revenus ?

Cette préoccupation n’est pas accessoire. Il suffit de lire le programme du Salon des Mandataires 2012, dont le titre de la Conférence n°3 n’est autre que « Communes durables ». Je cite :

« Parmi l’ensemble des thématiques d’intervention communale, la maîtrise énergétique est devenu un enjeu majeur pour les Pouvoirs locaux ».

Il est intéressant de constater que cet enjeu est inscrit dans la question plus globale du « développement durable ». Petit rappel : l’expression développement durable (soutenable dans les pays anglo-saxons) s’est répandue après « Le sommet de la Terre de Rio de Janeiro » au Brésil en 1992 : un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs. Il doit combiner l’économique, le social et l’environnemental.

Alors dans une commune, quelles initiatives un pouvoir public peut-il prendre ?

D’abord prendre le problème en considération : cela passe par la déclaration politique en début de législature, et ensuite en déterminant les missions d’un échevinat de l’énergie auquel est dévolu un budget évolutif. Toutes les communes du Brabant Wallon ne sont pas prêtes à faire ce geste grandiose… Certaines ont fait un pas, chacune à sa façon. Deux bourgmestres ont choisi le développement durable dans leurs attributions : celui de Waterloo (MR) et celui d’Ottignies-Louvain-la-Neuve (Ecolo). Dans certaines communes, la majorité a choisi de confier l’énergie spécifiquement à un échevin. C’est le cas par exemple de nos voisins à Genappe et à Waterloo (en cours de législature), également à Ottignies-Louvain-la-Neuve.

Mais dédicacer un échevinat ne suffit pas : tout dépendra du contexte, de la volonté politique globale, de la crédibilité ou des compétences, parfois de la conviction personnelle. Quand plusieurs de ces conditions sont réunies, cela débouche sur une nouvelle façon d’aborder la politique et le contact avec les citoyens.

L’exemple d’Ottignies-Louvain-la-Neuve...

Dès la législature de 2000, la majorité a procédé au rassemblement d’un grand forum citoyen qui s’est tenu en décembre 2002 pour mobiliser la population.

Il a débouché sur une charte d’engagement pour le développement durable à laquelle ont souscrit près de 100 responsables d’entreprises, d’école, d’associations et autres organisations. C’était la première étape d’un processus qui a abouti à l’enquête publique sur le plan communal de développement durable (PCDD).

Pour plus d’informations sur les suites de ces initiatives, voyez sur le site de la commune d’Ottignies-Louvain-la-Neuve la rubrique « Développement durable » www.olln.be.

Comme d’autres villes ou communes de Wallonie, Ottignies-Louvain-la-Neuve dispose également d’un guichet de l’énergie : un service d’information destiné à conseiller les particuliers sur tout ce qui concerne l’énergie dans le logement.

Comment choisir un appareil électroménager, combattre la condensation, profiter des énergies renouvelables ? Quel vitrage et quels châssis utiliser ? Comme réduire sa facture de chauffage ? Quelle formule pour se chauffer ? Pourquoi placer un chauffe-eau solaire ? Quels matériaux utiliser pour isoler sa maison ? C’est à toutes ces questions, et à bien d’autres, que les Guichets de l’énergie peuvent répondre en toute indépendance et gratuitement !

… et celui de Grez-Doiceau

Il y a des engagements plus modestes qui consistent à engager un conseiller en énergie qui a le soutien et reçoit la légitimité du collège pour un travail global et transversal d’information et de proposition tant vers les services communaux qu’en direct vers les citoyens, comme à Grez-Doiceau.

En 2007, Grez-Doiceau s’est associée avec Beauvechain pour engager un conseiller en énergie (à mi-temps dans chaque commune) dont la mission a été clairement définie :

  • informer les citoyens sur les primes à l’énergie et les trucs et astuces en matière d’économies d’énergie,
  • établir un cadastre et une comptabilité énergétiques des bâtiments communaux,
  • lors de projets communaux de construction, transformation ou rénovation, conseiller les services communaux et/ou les auteurs de projet en matière d’améliorations énergétiques à apporter, ainsi qu’en assurer le suivi,
  • veiller au respect des exigences de performance énergétique dans les demandes de permis d’urbanisme sur base de la réglementation en vigueur,
  • assurer le suivi de la mise en œuvre de la charte de la commune "énerg-éthique" signée par Grez-Doiceau et qui s’inscrit dans le cadre du programme régional des "Communes énerg-éthiques" pour encourager les mandataires à réduire la consommation d’énergie des bâtiments communaux et à consommer d’une manière plus responsable. Le but est aussi de sensibiliser le personnel communal et les habitants en matière de gestion énergétique.

Pour plus d’informations, voir aussi www.grez-doiceau.be.

Confier la problématique à une personne motivée et compétente à qui le Collège apporte soutien et crédibilité est de première importance.

L’enjeu demande en effet une transversalité et un travail d’équipe sans quoi il n’est pas possible de développer une nouvelle façon de gérer la commune. Car il s’agit bien d’un esprit, d’une méthodologie qui concerne toutes les missions des Pouvoirs locaux et nous ne sommes qu’aux balbutiements d’une nouvelle révolution énergétique qui modifiera complètement nos comportements et nos mentalités d’ici quelques années.

Aucune activité communale ne peut se passer d’utiliser de l’énergie ; l’éclairage, le chauffage, les ordinateurs, les moyens de locomotion, les cuisines, l’utilisation de certains outils… La commune étant l’un des plus gros employeurs de l’entité, il est urgent de s’inquiéter de la maîtrise de l’énergie sur le long terme. Ce que les privés doivent gérer en bon père de famille, les pouvoirs publics doivent en donner l’exemple et le faire connaître à la population pour mettre tout le monde en mouvement.

Cela prend du temps et le risque est grand de se perdre dans de multiples démarches à court terme si une vue d’ensemble n’est pas déterminée qui intègre la donne énergétique en matière de mobilité, de logement, de lotissements, de prescriptions urbanistiques. Si l’énergie ne s’inscrit pas dans une réflexion globale de développement durable, il ne peut y avoir de planification des investissements pour les générations futures et les ressources de Braine-l’Alleud finiront en fumée si on n’y prend garde.

Tout avait pourtant bien commencé quand la commune avait demandé un premier diagnostic sur quelques bâtiments communaux particulièrement énergivores en 2004. Que s’est-il passé depuis ?

Il y a des communes résolument tournées vers l’avenir, il y en a qui pataugent encore !