Un goût de trop peu

La commune face aux mouvements de jeunesse et aux clubs sportifs : peut mieux faire !
- Benoit Thomas

Publié le lundi 30 avril 2012

L’attractivité de Braine-l’Alleud est une réalité et c’est tant mieux ! Rien de plus plaisant en effet que d’habiter une ville où, le soir venu, des activités culturelles et sportives aussi nombreuses que variées se côtoient.

Avec un accroissement de 10% de sa population au cours des dix dernières années, Braine-l’Alleud ne compte pas moins de 39.000 habitants aujourd’hui. Et combien dès demain ? La réponse, c’est auprès du Bureau du Plan que nous la trouvons : avec un même taux d’accroissement que lors des dix dernières années (hypothèse minimaliste), ce sont près de 45.000 Brainois qui habiteront notre entité en 2022.

Parmi cette nouvelle population, on trouve un nombre non négligeable de jeunes que devront absorber nos clubs sportifs, nos institutions culturelles (l’académie de musique, l’école des arts), nos mouvements de jeunesse, nos écoles ou encore nos plaines de vacances. Si la bonne volonté et l’enthousiasme ne manquent pas dans les milieux associatifs, l’impression ressentie chez beaucoup aujourd’hui est que la commune traîne la patte et rechigne bien trop souvent à accorder un soutien qui serait vraiment bienvenu.

Les mouvements de jeunesse, par exemple…

La nécessité est bien réelle pour certaines unités scouts de Braine-l’Alleud d’avoir des locaux décents dans lesquels des animateurs toujours plus motivés pourront accueillir les enfants ; le besoin d’aide logistique est criant lui aussi à la veille des départs en camps lorsqu’il s’agit d’acheminer des tonnes de matériel ; l’attente enfin est lancinante lorsqu’il s’agit d’espérer un vrai soutien communal dans l’organisation d’événements majeurs sur Braine-l’Alleud.

A propos d’événements majeurs, il est d’ailleurs fort regrettable de constater que Braine-l’Alleud est passée à côté d’une belle opportunité lorsqu’elle a délocalisé les 6h cuistax bien à l’écart du centre ville. En lieu et place, l’événement a été implanté sur l’ancien domaine militaire de Lillois. Pourtant, les mouvements de jeunesse y auraient gagné en visibilité (cet événement regroupe de nombreuses unités de la localité et des environs) et le commerce brainois aurait profité d’un nombre de passages non négligeable avec cet événement qui croît chaque année.

Les mouvements de jeunesse de l’entité, au nombre de neuf, se sont également associés pour créer le SPAG (Association des Scouts, PAtros et Guide de Braine-l’Alleud), montrant ainsi la volonté de resserrer les liens qui unissent nos différentes unités en créant des projets communs en tout genre mais aussi afin de permettre d’établir un contact permanent et une meilleure collaboration avec la Commune.

Si l’existence du mouvement est connue de nos édiles, l’impression du « trop peu » subsiste tant la commune ne semble pas en mesure d’apporter le soutien nécessaire (ou alors de manière bien trop limitée), tant elle n’est pas capable de répondre aux multiples projets que les unités souhaitent mettre en place ici et ailleurs.

… et les clubs sportifs

En matière sportive et sous l’impulsion d’un service des sports dynamique, beaucoup de choses se font à Braine-l’Alleud et c’est un très bon signal ! Cependant, à l’heure où la piscine piétine, nos infrastructures actuelles, en dépit des extensions récentes, sont déjà à saturation. En faisant par exemple un détour par le stade Gaston Reiff, vous aurez l’occasion de vous rendre compte que les infrastructures tournent à plein rendement, de 8h à 22h, week-end compris. Il est souvent difficile pour un club de foot, de basket-ball ou de volley de dégager les plages horaires nécessaires pour répondre à la demande toujours plus grande.

Les investissements ont été massifs en termes de politique sportive tout au long de ces dernières années et il serait difficile d’espérer plus dans ce domaine étant donné les autres préoccupations qui nous attendent pour l’avenir (par exemple dans le domaine social, pour l’aide aux personnes et notamment aux populations les plus précarisées, toujours plus nombreuses).

Pourtant, à l’image de son parquet vieillissant, l’infrastructure sportive existante a urgemment besoin qu’on dégage les budgets nécessaires pour pourvoir à son entretien. C’est cela aussi, une bonne gestion !

N’oublions pas non plus qu’en matière de soutien financier aux clubs, il y a énormément à faire : alors que certains clubs bénéficient d’acquis considérables, nombreux sont ceux qui sont en droit d’espérer beaucoup plus. Il faudra donc que la commune trouve le courage de rééquilibrer la balance et de mettre fin aux favoritismes devenus pratiques courantes. Il est plus que nécessaire d’aller vers plus de transparence et de définir des critères objectifs, que ce soit en matière de subsides ou d’accès aux installations.

Enfin, Il serait bon d’aller voir chez nos voisins ce qu’il s’y passe et par exemple, d’y réfléchir à deux fois avant de mettre une buvette en adjudication dans une optique mercantile (ce qui la fera nécessairement tomber aux mains d’un privé) alors que les bénéfices qu’un club sportif pourrait en retirer garantiraient sa subsistance !

A Braine-l’Alleud, les budgets dégagés pour l’associatif doivent être repensés fondamentalement : sans demander plus, il y a pourtant moyen de faire mieux, beaucoup mieux !