Notre avis final sur le projet éolien à Braine-l’Alleud

Nous nous étions déjà exprimés en faveur du projet, voici l’avis définitif remis par la locale ECOLO de Braine-l’Alleud dans le cadre de l’enquête publique sur demande d’Aspiravi pour l’implantation de deux éoliennes près de l’échangeur autoroutier à Bois-Seigneur-Isaac.

Publié le lundi 16 novembre 2015

Tout d’abord, nous tenons à exprimer notre soutien à la production d’électricité d’origine renouvelable sur le territoire de notre commune, car nous considérons qu’il est important de contribuer à l’augmentation du recours au renouvelable et de diminuer nos émissions de gaz à effet de serre.

Nous sommes d’ailleurs heureux que la commune s’approvisionne déjà en électricité « verte » et il est donc cohérent non seulement d’en consommer mais aussi d’en produire.

Ceci dit, il est évident que nous devons aussi veiller à implanter les infrastructures de production de façon à nuire le moins possible aux habitants, au patrimoine et à l’environnement brainois.

Le projet Aspiravi, réduit à deux éoliennes et implanté à proximité de l’échangeur autoroutier, là où les dégradations visuelles et sonores de l’environnement sont déjà fortes, le projet actuel nous paraît très acceptable.

  • Au niveau visuel, il impacte peu de maisons d’habitation ; les infrastructures autoroutières, leur importance visuelle, sonore, polluante, sont telles que l’adjonction de deux mâts éoliens à l’ensemble ne provoque pas de nuisance supplémentaire. Le site classé de Bois-Seigneur-Isaac est protégé par son environnement arboré, et si on aperçoit les éoliennes de certains endroits du village, nous ne pensons pas qu’on puisse parler d’une atteinte grave au paysage ; les habitants des deux maisons les plus exposées de Bois-Seigneur ne sont pas gênés par le projet. Quant au site du Lion, gardons raison : il ne va pas être sérieusement impacté par des éoliennes situées à plus de 6 km et au-delà d’un paysage urbanisé. A cet égard, nous regrettons que les photo-montages affichés partout par certains opposants ne reflètent pas la réalité des implantations éoliennes. Nous constatons que l’auteur de projet est attentif à ne pas provoquer d’effet stroboscopique gênant pour les quelques habitations éventuellement concernées. Il s’agit de quelques maisons de l’entité de Haut-Ittre, la Ferme de Haute Nizelles et le Centre équestre rue Baty du Cerisier. L’auteur d’étude recommande d’équiper les 2 éoliennes d’un module d’arrêt spécifique qui déclenche l’arrêt de l’éolienne lorsque les conditions d’ensoleillement et de vent sont favorables à l’ombrage pour les riverains. Nous demandons à l’auteur de projet si cette méthode est praticable et s’il est d’accord de s’engager à l’appliquer.
  • Au niveau du bruit, il est évident que la proximité de l’échangeur autoroutier et d’autres infrastructures routières est une source de pollution sonore bien plus importante et nous pensons qu’il est inutile de s’étendre à ce sujet.
  • Au sujet des transports induits par la construction des éoliennes : nous nous étonnons du trajet proposé pour les camions de plus de 44 tonnes (convois exceptionnels) via les nationales N27, N252 et via Bois-Seigneur-Isaac (depuis la sortie 26, Mont Saint Jean, du RO). Cela est il imposé par une autorité policière ou un choix de l’auteur de projet ?
  • Au sujet de la production électrique du parc selon le modèle d’éoliennes considéré Les résultats de l’étude de vent estiment la production électrique nette annuelle du projet avec bridages (selon les conditions sectorielles) entre 9 990 et 13 864 MWh, selon le modèle d’éolienne considéré. Selon les informations fournies par Aspiravi, l’étude des impacts a été réalisée sur base du modèle le plus impactant. Nous souhaitons que l’autorité compétente soit attentive à imposer un modèle le plus rentable possible et dont les impacts sont maîtrisés.
  • Au sujet de l’impact sur la faune sauvage L’auteur de l’étude reconnaît qu’une baisse de densité des espèces du cortège agraire est à craindre suite à la construction du présent projet, et il recommande de mettre en place 2 ha de mesures compensatoires en leur faveur (maintien du couvert nourricier durant l’hiver et mise en place de tournières enherbées permanentes), ainsi que la mise en place d’un programme d’arrêt en faveur des chauves-souris sur les deux éoliennes. La faisabilité réelle de telles mesures est à vérifier, compte tenu que les 2 ha mis en « tournière » ou jachère, doivent être financés, sous peine de perte d’exploitation importante pour l’agriculteur. Pour le moment, des mesures agri-environnementales permettent un financement européen et wallon. Mais en cas de suppression de ces mesures, qui paiera la perte d’exploitation de l’agriculteur ? En ce qui concerne les oiseaux, l’Institut des Sciences naturelles que nous avons sollicité nous a confirmé que les éoliennes ne se trouvent pas dans un couloir migratoire des oiseaux et que par ailleurs la mortalité de ceux-ci due aux éoliennes est infiniment inférieure à celle due aux immeubles vitrés, aux lignes à haute tension et aux chats. Quant aux chauve-souris, toujours selon l’Institut, elles ne volent pas à la hauteur des pales. Cependant, nous apprécions les mesures de bridage proposées par l’auteur de l’étude et demandons qu’elles soient appliquées.
  • Ceci nous incite à dire qu’il faut voir la question de façon plus globale. L’énergie éolienne est une énergie propre. Elle ne nécessite aucun carburant, ne crée pas de gaz à effet de serre (hormis ceux nécessaires à sa construction), ne produit pas de déchets toxiques ou radioactifs. En luttant contre le changement climatique, l’énergie éolienne participe à long terme au maintien de la biodiversité des milieux naturels. Le caractère réversible et recyclable de ces installations compense aussi les légères atteintes à la faune, de toutes façons bien moindres que les infrastructures routières qui entourent le site et les méthodes agricoles intensives pratiquées actuellement dans cette zone.
  • Enfin, nous voyons dans ce projet l’opportunité d’un intérêt financier tant pour la commune que pour ses habitants, sous la forme d’une prise de participation publique à l’investissement, éventuellement accompagnée d’une coopérative citoyenne. Nous proposons donc que la commune demande à Aspiravi de pouvoir être actionnaire ou coopérateur de ce projet et de le permettre à ses habitants. Selon les informations reçues de la part d’Aspiravi, l’intercommunale est ouverte à cette possibilité.

En conclusion

Nous sommes à la veille de la conférence de Paris sur le climat qui va être décisive sur la capacité de l’humanité à maîtriser les effets du changement climatique.

Le recours aux sources d’énergies renouvelables doit passer de l’exception à la règle et tous les pays cherchent à valoriser leurs ressources propres pour diminuer la dépendance aux énergies fossiles, sources de conflits et de pollution. Le recours au nucléaire est de plus en plus mis à mal, tant ses risques sont avérés et les centrales belges sont « au bout du rouleau ».

Face à ces évidences, le recours à l’éolien comme une des solutions susceptibles de garantir à terme notre approvisionnement électrique, n’est pas contestable.

Bien sûr, il est facile de dire « mettons le en mer » ou « pas chez nous, ailleurs ». Mais un minimum de sens civique et la nécessité de ne pas trop dépendre des régions voisines, imposent de considérer que chaque territoire peut et doit apporter sa contribution à la part d’énergies renouvelables à produire.

Le groupe Ecolo Braine-l’Alleud serait fier que notre commune contribue à la production d’énergies renouvelables sur son territoire.

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Avis final sur le projet Aspiravi
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