Lu 5/09 - Echos du Conseil : le projet piscine

Conseil communal spécial presqu’exclusivement consacré au projet de piscine communale soumis à l’enquête publique à partir du lendemain, dans le cadre d’une demande de permis unique. Un projet intéressant, beaucoup de questions sur son financement.

Publié le jeudi 8 septembre 2016

Le projet

L’exposé de l’Échevin des Travaux, Monsieur Detandt, complété brièvement par l’Échevin des Sports, Monsieur Matagne, a donc porté essentiellement sur les caractéristiques architecturales et techniques de la future piscine.

Les options principales du projet ont été rappelées :
- piscine destinée au sport et principalement aux écoles,
- accessibilité aux personnes handicapées,
- aspects ludiques réduits,
- minimum de nuisances,
- accessibilité du site par tous les modes de transport,
- consommation d’énergie et d’eau réduites.

La piscine aura 35 m de long sur 21 m de large et comportera trois bassins ainsi qu’un ponton sur l’eau, avec une partie dont le fonds sera mobile. Cela permet à trois groupes simultanés d’y pratiquer la natation ou d’autres sports nautiques.

Le tout sera sur un seul niveau, avec une cafetaria et des vestiaires, plus un espace pour les bébés et des saunas et jacuzzi.

L’architecture du projet est bien intégrée à la pente du terrain, avec une toiture verte et des façades vitrées, et enfin une terrase donnant sur les étangs du Paradis.

Le mode de chauffage choisi est la co-génération à partir du gaz complétée de pompes à chaleur, qui chauffera l’eau et produira l’électricité. Différents choix énergétiques ont été étudiés et celui-là serait le plus économe.

L’eau sera également gérée avec économie, elle sera traitée avec le moins de chlore possible.

Même si ce projet n’adopte pas les solutions les plus écologiques comme des sources d’énergie renouvelables et des alternatives au chlore, nous ne pouvons qu’apprécier les efforts faits en matière d’économie d’énergie et d’eau, le souci de la santé des usagers, le souci d’accueil des handicapés et les fonctionnalités du projet.

A vrai dire, l’enjeu n’est pas vraiment dans le projet urbanistique qui nous est soumis et avec lequel nous pouvons être d’accord. Ce qui manque de clarté, par contre, c’est la maîtrise des budgets tant pour la construction que pour le fonctionnement.

Le financement

A notre question de savoir quels seraient les délais pour aboutir à l’ouverture d’une belle piscine pour les Brainois, le Bourgmestre a déclaré que cela dépendrait de l’octroi de subsides régionaux non encore acquis.

Rappelons que, pour un montant total qui ne devrait pas dépasser 12,5 millions d’euros hors TVA, 4,5 millions de subsides sont promis par la Province et on espère une intervention de 60% de la Région wallonne, soit 7,5 millions d’euros. Il est à craindre que ce ne soit beaucoup moins…


Autre incertitude, le déficit de fonctionnement : le Bourgmestre nous parle de 400.000 € par an, ce qui serait le plus petit déficit enregistré par les piscines publiques belges ; et là aussi il parle d’éventuelles aides régionales, non acquises. Jamais entendu parler de cela…

En réalité, la hauteur du déficit va dépendre en grande partie de la possibilité d’obtenir un préaccord avec l’administration fiscale (le « ruling ») qui autoriserait la Régie communale autonome à déduire la TVA de ses dépenses d’investissement et de fonctionnement, au motif que les services fournis ne sont pas de nature commerciale.

Malgré l’engagement de la majorité de nous tenir informés de l’évolution de sa demande de ruling, nous ne savons rien à ce sujet, pas même si une demande a déjà été formellement introduite…

Toutes ces inconnues et variables devraient tempérer un peu le triomphalisme de la majorité concernant cette piscine. Oui, elle sera « paradisiaque » mais sera-t-elle payable ? C’est encore à vérifier.

Nous demandons en tout cas le maximum de transparence sur ces questions de financement qui concernent tous les élus mais surtout les citoyens, même si les procédures d’information et de concertation n’existent pas comme en matière urbanistique.

En définitive, ce sont quand même les Brainois qui supporteront un éventuel déficit d’exploitation !