Lu 30/11 - Echos du Conseil Communal – La bonne conscience

Le Conseil communal de la "bonne conscience" ? Notre commune s’est-elle acheté une bonne conscience à peu de frais ?

Publié le dimanche 13 décembre 2015

1. Motion "climat"

La « motion relative à un engagement des communes en vue de la COP21 » a été votée à l’unanimité en ce jour historique de l’ouverture de la grande conférence des Nations Unies sur le climat.

« Nous sommes meilleurs que la Belgique » (ndlr : qui n’avait pas encore son accord climat), a dit le maïeur.

Le groupe Ecolo s’associe naturellement à cet engagement avec plaisir, ayant initié la démarche il y a deux mois dans le but de dépasser les clivages politiques vu l’importance de la cause.

Nous nous sommes engagés à exercer une vigilance sans faille sur le respect de ces engagements.

Car certains points pourraient susciter la méfiance. Ainsi, pourquoi l’évocation de la production d’énergies renouvelables a-t-elle été retirée du texte initialement soumis à la Commission Environnement-Energie ? Serait-ce une trace de l’opposition des membres de la majorité aux projets éoliens ? Le recours aux renouvelables nous semble indispensable pour atteindre les objectifs de réduction d’émissions de gaz à effet de serre.

Nous avons donc demandé que le Collège présente dans les meilleurs délais possibles un programme de mise en œuvre de ses engagements en précisant les moyens qu’il compte utiliser pour obtenir les réductions d’émissions annoncées. Il doit préciser selon nous les délais qu’il se fixe pour la réalisation du cadastre énergétique, de l’audit de tous les bâtiments communaux, du bilan carbone des entités publiques.

Pour être épaulé techniquement et soutenu financièrement, il nous semble évident que la commune adhère à la Convention des Maires pour le Climat, processus européen d’accompagnement des communes qui s’engagent pour le climat et qui apporte un soutien non négligeable en expertise et en subsides. Braine-l’Alleud devrait aussi intégrer le programme POLLEC wallon pour le même genre de soutien.

Bref, il est clair que nous ne sommes pas au bout de nos peines et que notre minorité constructive a encore du boulot pour que la lutte contre le changement climatique soit bien au sommet de l’agenda !

2. Aménagement du Paradis

« Nous avons fait les choses dans l’ordre » déclare le Bourgmestre à propos des grands travaux au Paradis, mais dans quel ordre ?

Ces travaux semblent bien aller vers leur fin : nous avons voté des avenants aux contrats de travaux pour finaliser la ZIT et stabiliser les berges, en référence au récent permis accordé par la Région pour l’ensemble de la zone.

Les exigences de ce permis rencontrent celles que nous avions défendues depuis longtemps : protection de la zone humide, éloignement des chemins par rapport aux zones écologiquement sensibles, protection de l’aulnaie, baisse du niveau d’eau pour amplifier l’effet de rétention des eaux…

Nous avons exprimé notre satisfaction tout en disant que les interventions citoyennes et associatives auraient pu être écoutées plus tôt.

Bien sûr, il nous fut répondu que tout avait été fait « dans l’ordre », à savoir d’abord la ZIT, puis l’étang de pêche puis la protection naturelle. Autrement dit : d’abord creuser, ensuite régulariser, ensuite restaurer…

Difficile de faire comprendre qu’on pourrait éviter de détruire les zones sensibles et qu’on pourrait surtout dialoguer avant !

3. Accueil des demandeurs d’asile

…ou comment notre commune s’achète une bonne conscience à peu de frais.

Il y a un mois, nous avions déjà interpellé Olivier Parvais, président du CPAS, quant au projet de doubler la capacité d’accueil de demandeurs d’asile en ILA (initiative locale d’accueil). Les locaux de l’ancienne gendarmerie seront en effet gratuitement mis à notre disposition par la Régie des bâtiments et le coût de l’hébergement et de l’accompagnement sera financé par l’Etat fédéral. Il nous avait été demandé d’attendre les intentions du secrétaire d’Etat Francken, qui avait annoncé un plan de répartition de 5.000 places d’accueil supplémentaires entre les communes. Les critères déterminant le nombre de places à créer par commune sont maintenant connus (essentiellement le nombre d’habitants, le total des revenus nets imposables et le nombre de places d’accueil déjà existantes).

Nous avons donc relancé le débat et demandé d’accélérer le processus d’extension de notre ILA brainoise, compte tenu de la complète saturation du réseau d’accueil de Fedasil et du fait qu’une anticipation de quelques semaines (le plan fédéral ne sera sans doute pas obligatoire avant le mois de janvier 2016) ne coûterait pas un cent à notre commune.

Pour justifier son refus catégorique de toute attitude proactive, la majorité n’a rien trouvé de plus élégant que de relever qu’une soixantaine de communes belges n’accueillaient encore aucun demandeur d’asile et que Braine-l’Alleud s’occupait déjà très bien de « ses pauvres ».