Le centre historique laissé à l’abandon

Ne pas investir dans ce quartier entraîne un sérieux risque de paupérisation
- Baudouin Van Overstraeten, Conseiller communal

Publié le samedi 11 août 2012

Il y a un an, j’analysais (voir le n° 14 de l’Echo-Logique d’avril 2010) le projet d’implanter un nouveau centre administratif réunissant tous les services de la commune et du CPAS sur le plateau de la gare.

Pour mémoire, j’y posais la question de la nécessité d’un tel investissement, qui venait concurrencer tant de projets d’infrastructure indispensables voire urgents, comme la nouvelle piscine du Paradis ou le futur centre culturel dans les bâtiments Denolin à rénover.

La conclusion, provisoire, restait extrêmement prudente et réservée :

« Quand la bonne fin de ces projets et leur financement seront garantis, nous pourrons nous pencher sérieusement sur l’hypothèse d’un nouveau centre administratif et évaluer sa faisabilité en fonction des finances communales.

Dans l’attente, et dans l’état actuel de nos informations, le nouveau centre administratif s’apparente à un projet de prestige ouvrant la porte à toutes les dérives budgétaires. »

Où en est-on depuis lors ?

La majorité poursuit inexorablement son idée fixe et engage des centaines de milliers d’euros en études de stabilité et autres techniques spéciales.

Soucieuse des délais dans lesquels elle devra faire appel aux subsides promis par la Région wallonne, elle s’est lancée par ailleurs dans un nouveau projet de parking souterrain de 400 places, situé à côté du bâtiment de la police (ancienne pompe à essence SHELL), qu’elle entend rattacher artificiellement au futur centre administratif.

Avec un budget estimé à 10 millions d’euros (soit 25.000 € par place de parking !), cet investissement constitue un gaspillage délirant des deniers publics dès lors que la nécessité de ces 400 nouvelles places, qui viendront s’ajouter aux +/- 1000 places déjà programmées par INFRABEL, est loin d’être démontrée. Bien au contraire, cette hypothèse bricolée en dernière minute n’a pas même été abordée dans le cadre du Plan communal de mobilité.

Au vu de pareils chiffres, on perçoit tout de suite combien le débat échappe à toute dimension rationnelle : combien de dizaines d’années faudrait-il exploiter ce mammouth pour récupérer ne serait-ce que la mise de fonds de la commune (6Mio €), sans même avoir l’ambition de rentabiliser un tel investissement ?

La majorité veut ce parking parce que c’est la seule manière d’engager les subsides que la Région nous a accordés dans les délais qu’elle a fixés.

Quant à la minorité, elle a été interpellée par des professionnels de l’urbanisme qui ont attiré son attention sur le danger, réel en cas de transplantation du cœur de ville vers le plateau de la gare, de voir y concentrer tous les moyens financiers au détriment du centre historique de Braine-l’Alleud. En raison de sa configuration peu lisible, ce dernier est en effet moins accessible et donc moins attractif pour des investisseurs privés. Il existerait donc un sérieux risque de paupérisation des quartiers de l’hyper centre et de voir ceux-ci partir à la dérive, largués par un plateau RER qui, s’il bénéficiait de toute la capacité d’investissement, publique comme privée, attirerait inévitablement à lui la plupart des commerces, outre la fonction administrative.

Si cette hypothèse se confirmait, il serait grand temps d’abandonner la folie des grandeurs qui sévit actuellement et d’opter pour un investissement significatif de la commune pour sauver son centre historique : gardons les capitaux publics pour revitaliser la partie de Braine aujourd’hui la moins attirante, et laissons les grands espaces du plateau de la gare drainer les promoteurs privés.

Il a été démontré que la commune disposait, aux alentours de l’actuelle maison communale (et au contraire pas sur la dalle RER), de la maîtrise foncière la mettant en mesure de diriger la manœuvre d’une vaste opération de rénovation à l’emplacement de l’actuelle galerie du Môle. La faisabilité d’un tel projet a fait l’objet d’une charrette urbanistique remarquable…dont les résultats ont pourri durant plus d’un an dans les tiroirs de la maison communale. Il est temps de les en ressortir !

Une percée de la rue du Môle libérerait la perspective sur l’arrière de l’hôtel de ville depuis la place du Môle et mettrait en valeur sa façade arrière, ce qui conforterait symboliquement la place de l’autorité communale au cœur de la cité !

A quand un véritable débat à Braine-l’Alleud sur la meilleure localisation pour son nouveau centre administratif ?

Nous espérions que le développement du projet de schéma de structure communal serait l’occasion d’enfin confronter les mérites respectifs des deux propositions en présence. Las, le Collège communal a purement et simplement imposé la localisation sur le plateau de la gare comme cadre de travail, non négociable.

Encore une occasion manquée pour Braine la Bleue !