Je potage, tu potages, potageons ensemble

Quoi de plus savoureux et de moins cher que la framboise, la mûre ou la groseille cueillies à même l’arbuste au jardin ? Quoi de plus joyeux que la cueillette des pommes au verger ? Et de plus gratifiant que la fouille de la terre sablonneuse quand les pommes de terre y affleurent comme des pépites dorées ?

Publié le lundi 23 septembre 2013

Le circuit court par excellence est le trajet de ma main qui cueille le fruit pour le porter à mes lèvres.

Certains d’entre nous se sont organisés pour créer leur propre jardin nourricier : de quelques plantes aromatiques dans une jardinière sur le balcon au potager familial avec ses beaux alignements de salades, de poireaux et de carottes, avec parfois un tunnel de plastique pour les tomates, ou une serre de verre, amorce de jardin tropical.

Mon potager, moyennant quelques heures passées chaque semaine, me fournit tout ou partie des légumes du ménage : grands plaisirs, petits prix.

Les potagers familiaux sont innombrables. De quel poids pèsent-ils dans l’économie ? Économie grise ou mode de vie ancestral qui relie l’homme à la nature qui l’entoure et le nourrit sainement ?
Quoiqu’il en soit, pour de nombreuses familles, le poids du poste « alimentation » dans le budget du ménage est fameusement allégé grâce à cet apport personnel, qui est aussi synonyme de goût, de fierté et de plaisir.

Sans jardin, ou sans expérience de la culture maraîchère, je peux rejoindre un potager collectif.
Là, moi et mes semblables faisons l’apprentissage des gestes essentiels sous la guidance bienveillante d’un jardinier plus expérimenté. Collectivement, c’est-à-dire en faisant l’expérience de la cohabitation et de la plus stricte démocratie mais aussi de la solidarité et du partage.

Une initiative récente à Braine-l’Alleud : le potager collectif de la Trairée.
En pleine ville, un jardin à l’abandon reprend vie grâce à la générosité de ses propriétaires, du CPAS et de nombreux volontaires. Un couple de personnes âgées ne pouvant plus entretenir leur jardin ont offert au CPAS la possibilité de l’occuper. Le CPAS a permis au projet de grandir et de se déployer en lui offrant les tuteurs nécessaires : un peu de matériel, la force de travail de « jeunes solidaires » en stage d’été pour un grand défrichage et la construction d’un vaste abri de jardin, le soutien tout au long de l’année de l’asbl Des Projets Plein La Terre et la mobilisation des premiers participants. Une seule condition : que la moitié de la production aille au restaurant social, le Rest’O.

La première saison, commencée tard et d’abord consacrée au défrichage et à la mise en place, va doucement toucher à sa fin. Un bon départ, un été où il a fallu beaucoup arroser sous la canicule, les premières récoltes encore timides, la lutte contre le liseron et les limaces, les derniers semis pour les légumes d’hiver… les esprits se tournent progressivement vers la saison prochaine. Le petit groupe de départ est bien décidé à se renforcer.

Vous avez toujours rêvé de plonger les mains dans l’humus ? De regarder pousser vos salades ? De découvrir d’où viennent les choux de Bruxelles ? De réussir votre compost ou de récolter vos potirons géants ? Rejoignez le Potager Collectif de la Trairée : vous y serez accueillis dans la simplicité mais à bras ouverts.

Les façons de participer sont multiples : selon vos disponibilités, vos connaissances, vos envies… l’essentiel est de venir – jusqu’à présent les portes sont ouvertes chaque jeudi de 17h à 19h – et de s’insérer dans les activités en cours.

Chez ECOLO, nous pensons que l’avenir passe aussi par cette maîtrise retrouvée d’une partie de l’essentiel, notre nourriture, dans une approche respectueuse de notre environnement naturel et dans un esprit de coopération et de convivialité retrouvée.

Nous pensons aussi que le pouvoir public local peut jouer un rôle-clé d’incitation et d’accompagnement, comme l’a fait ici le CPAS : mettre à disposition des terrains communaux et un peu de matériel, offrir de l’aide ponctuelle pour des travaux mais aussi un accompagnement dans la durée pour que les potagers collectifs fleurissent un peu partout dans les quartiers : c’est tellement gai !


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Crédit photo : Cathy Versault-Luder